Pas besoin de consensus pour faire polémique. L’hôtel que l’on dit « le plus laid du monde » s’est taillé une réputation planétaire, accumulant les distinctions peu enviables et les anecdotes virales. Pourtant, sa fréquentation ne faiblit pas, les réservations pleuvent, et les critiques se déchaînent sur les réseaux et les sites de voyage.
Ce paradoxe alimente des discussions enflammées entre architectes, voyageurs et habitants du coin. Sous cette étiquette sulfureuse, l’établissement incarne tout à la fois la cible de moqueries, le sujet d’analyses pointues, et l’illustration criante de la tension entre les goûts du public, l’héritage architectural et les stratégies du tourisme contemporain.
Un hôtel qui fait parler de lui : qui détient le titre du plus laid du monde ?
Au cœur de Pyongyang, la capitale verrouillée de Corée du Nord, le Ryugyong Hotel impose sa silhouette, immense, presque irréelle. Avec ses 330 mètres de haut et ses allures de pyramide, l’édifice se détache brutalement de la ligne d’horizon, défiant tout ce qui l’entoure. Plusieurs classements mondiaux, de Ugly Hotels au magazine Esquire, lui ont décerné le prix peu flatteur de « plus laid hôtel du monde ». Le Ryugyong intrigue, choque, agace, parfois tout cela à la fois.
Commencé en 1987 avec la promesse d’un monument à la gloire de la Corée du Nord, ce gratte-ciel n’a jamais accueilli le moindre voyageur. Derrière ses milliers de vitres étincelantes, tout reste vide. La presse internationale l’affuble de surnoms glaçants : « hôtel fantôme », « hôtel de l’angoisse ». Son profil unique, abondamment photographié, circule sur la toile, accroche le regard et nourrit les débats des amateurs comme des spécialistes.
Voici les faits saillants autour de ce bâtiment hors norme :
- Il trône à Pyongyang, capitale fermée de la Corée du Nord
- Sa hauteur de 330 mètres et sa forme pyramidale le rendent immédiatement reconnaissable
- Il figure régulièrement en tête des palmarès du plus laid bâtiment du monde
- Depuis sa construction, il n’a jamais ouvert ses portes au public, restant désespérément inoccupé
Au-delà de l’apparence, c’est tout le projet qui divise. Pour certains architectes, le Ryugyong Hotel symbolise une fuite en avant : un chantier interminable, d’abord soutenu par l’ex-URSS, puis repris par le groupe Orascom sans aboutir. D’autres y voient un objet d’étude fascinant, là où se croisent ambitions politiques et architecture hors norme. À mesure que les clichés du bâtiment circulent à l’étranger, la légende d’un hôtel devenu, bien malgré lui, l’icône universelle de la laideur architecturale prend de l’ampleur.
Entre audace architecturale et dérapage esthétique : retour sur une réputation sulfureuse
Le Ryugyong Hotel, né en 1987, devait marquer le paysage de Pyongyang et célébrer un anniversaire majeur du régime. Objectif affiché : 330 mètres, une architecture pyramidale, une prouesse technique pour l’époque. Mais voilà : crises économiques, arrêts de financement après la chute de l’URSS, reprise chaotique par Orascom… Le bâtiment reste inachevé, sans jamais héberger le moindre voyageur.
Son allure dérange : lignes aiguisées, volumes massifs, surface vitrée à perte de vue. Au fil des années, les sobriquets s’accumulent : « hôtel fantôme », « hôtel de la mort », « hôtel de l’angoisse ». L’ensemble devient un manifeste de la mégalomanie architecturale, rejoignant le club fermé des constructions les plus décriées de la planète. On pense à la Tour Montparnasse à Paris, elle aussi mal aimée pour ses proportions jugées déplacées et sa façade froide, souvent citée dans les mêmes palmarès que le Ryugyong.
La question de la limite entre audace et raté revient sans cesse. Certains architectes français, comme Jean Nouvel ou Jean-Paul Viguier, revendiquent la nécessité de bousculer les codes. Mais d’autres dénoncent le manque de dialogue avec la ville, la brutalité d’un projet pensé en vase clos. Ce débat dépasse le simple aspect visuel : il révèle les tiraillements entre le rêve d’un pouvoir, la réalité urbaine et l’opinion collective.
Pourquoi tant de critiques ? Décryptage des avis, polémiques et réactions des visiteurs
Le Ryugyong Hotel ne laisse personne indifférent. Dès la diffusion des premières images à l’étranger, le gratte-ciel inachevé est devenu la cible favorite des critiques et des internautes. Sur les réseaux, les détournements et les commentaires acerbes se multiplient, tandis que les voyageurs, rares à Pyongyang, partagent leurs clichés de l’édifice, souvent accompagnés de commentaires ironiques. Chez les architectes, le bâtiment fait office de repoussoir ou de cas d’école, selon les points de vue : certains y voient l’incarnation d’un urbanisme qui a perdu le contact avec la réalité, d’autres une manifestation spectaculaire de la volonté d’un État.
Deux exemples illustrent la diversité des jugements portés sur ce bâtiment :
- Pour les chroniqueurs du The Telegraph. uk, le Ryugyong Hotel ne se contente pas de choquer par son allure : il incarne une rupture totale entre l’intention architecturale et la vie de la ville.
- Les sites spécialisés comme Ugly Hotels ou Esquire le placent systématiquement en tête de leurs classements des hôtels les plus détestés, aux côtés d’autres constructions controversées comme la City Hall de Boston ou le gratte-ciel 20 Fenchurch Street à Londres.
Mais la polémique ne se réduit pas à une question de forme. Le rejet de la laideur reste éminemment subjectif : combien de monuments autrefois décriés, du Louvre aux musées les plus célèbres, sont aujourd’hui plébiscités ? Le Ryugyong, lui, n’a jamais eu l’occasion de renverser la vapeur, pas de visiteurs, pas d’événements, aucun récit fondateur. Son absence d’usage entretient une impression de malaise, comme si ce géant de verre était resté à jamais étranger au monde qui l’entoure.
Et si la curiosité l’emportait : ce que réserve une visite dans cet hôtel hors norme
Dès qu’on aperçoit Pyongyang, le Ryugyong Hotel s’impose dans le paysage. Sa pyramide de béton et de verre, haute de 330 mètres, domine la ville, attire tous les regards et déroute même les plus aguerris. Déclaré hôtel considéré comme le plus laid du monde, le bâtiment intrigue autant qu’il rebute. Depuis 1987, rien n’a changé : impossible de réserver une chambre, aucune ouverture officielle, pas un client n’a franchi le seuil. Le lieu s’enveloppe de surnoms sinistres, s’alimente de récits et de rumeurs.
L’expérience du visiteur est forcément atypique. Ceux qui approchent le Ryugyong, souvent sous la surveillance des autorités, évoquent une atmosphère étrange, presque irréelle. Personne ne pénètre à l’intérieur ; seules les façades vitrées se laissent photographier. Le mystère grandit : plus l’accès est restreint, plus la curiosité s’aiguise. Pour certains, c’est le symbole d’un fiasco monumental ; pour d’autres, une provocation architecturale fascinante.
Face à cette forteresse inachevée, la fascination dépasse le sarcasme. Le Ryugyong Hotel s’impose comme un objet d’étude pour tous les passionnés d’urbanisme radical, un repère dans l’histoire des polémiques architecturales. Il ne suscite ni indifférence, ni adhésion béate : chaque photo, chaque récit, continue d’alimenter sa légende, celle d’un bâtiment qui, sans jamais avoir accueilli le moindre hôte, règne dans l’imaginaire collectif comme la référence absolue de la laideur, ou du génie incompris.


