Depuis sa sortie en 1975, le film Dents de la Mer de Spielberg hante tous les baigneurs du monde ! Ce film dans lequel les attaques d’un requin terrorisent les vacanciers donne encore quelques sueurs froides à de nombreux vacanciers. L’esprit du requin mangeur d’hommes rôde toujours, même si l’on sait maintenant que les attaques de requins ne sont pas aussi fréquentes que les accidents de la route par exemple !
Environ 35 attaques sont recensées chaque année (source Wikipédia) et, parmi elles, seulement 4 s’avèrent mortelles. Voilà qui remet les choses en perspective : ces prédateurs marins tuent bien moins que les vaches ou les taureaux, qui, selon Consoglobe, seraient responsables de plus de 20 décès annuels. L’image du grand requin sanguinaire relève donc plus du mythe que de la réalité statistique. Pourtant, la diversité des espèces de requins, qu’elles soient encore parmi nous ou disparues, force l’admiration. Une enquête publiée dans LiveScience propose un tour d’horizon éclairant sur ces créatures, dont la plupart ne croiseront jamais votre chemin sur la plage.
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Le requin renard
Avec sa queue longue et recourbée comme une faux, le requin renard s’est taillé une place à part dans la famille des squales. Ce fouet naturel n’est pas là pour faire joli : il s’en sert pour assommer ses proies, générant de puissantes vagues qui désorientent les bancs de poissons. Le record du plus grand spécimen connu atteint 7,6 mètres pour 340 kilos, mais la plupart mesurent davantage autour de 6 mètres. Plutôt à l’aise dans toutes les eaux, des froides aux tropicales, il se nourrit essentiellement de harengs, sans jamais s’attaquer à l’homme.

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Laguna Le requin de Megamouth
Dans la catégorie des requins qui échappent totalement au radar du grand public, le requin megamouth décroche la palme. Rare, insaisissable, il préfère les profondeurs des océans et ne s’aventure en surface qu’à la nuit tombée. Avec sa bouche disproportionnée, il filtre crustacés et plancton, atteignant 5 mètres de long pour 750 kilos sur la balance. La découverte du premier spécimen, en 1976 à Hawaï, s’est faite presque par accident, pris dans l’ancre d’un navire. Les scientifiques n’ont que peu d’informations sur ce géant discret, tant il reste difficile à observer.
Le grand requin blanc
Impossible de parler de requins sans évoquer celui qui hante encore les imaginaires : le grand requin blanc. Il s’agit sans débat du plus célèbre des océans. Ce mastodonte peut dépasser les 6 mètres et peser plus de 3 tonnes. Contrairement à d’autres espèces plus sélectives, il ne fait pas la fine bouche : tout ce qui passe à portée de mâchoire peut finir dans son estomac. Présent dans les eaux tempérées, notamment dans le Pacifique près des États-Unis, il s’approche parfois des côtes et attaque parfois l’homme, souvent par méprise plutôt que par appétit.

Kreation Hélicoptère
Place maintenant aux spectres du passé. Le requin Hélicoprion, surnommé requin scie circulaire, appartient à la galerie des espèces disparues. Ancêtre lointain du poisson-rat, il arbore une mâchoire ornée d’une spirale de dents, une singularité qui intrigue encore les paléontologues. D’après les fossiles, il pouvait mesurer jusqu’à 8 mètres de long. Ce colosse peuplait les mers il y a 270 millions d’années, bien avant que les humains osent y plonger un orteil.
Le requin du Groenland
Voici un autre géant, taillé pour les abysses glacés de l’Atlantique Nord et de l’Arctique. La vie du requin du Groenland n’a rien d’une partie de plaisir : des parasites s’accrochent parfois à ses yeux, le rendant presque aveugle. Malgré tout, il parvient à chasser phoques et poissons, atteignant 1200 kilos pour plus de 7 mètres de long. Une étude publiée dans Science en 2016 a révélé un détail fascinant : la maturité sexuelle de cette espèce serait atteinte à 156 ans et le doyen identifié aurait vécu 392 ans. Aucune autre espèce de requin n’affiche une telle longévité.
Le requin-baleine
Dans la famille des géants paisibles, le requin-baleine s’impose sans rival. C’est le plus grand requin du globe, présent dans les mers tropicales, tempérées et parfois jusqu’en Méditerranée. Pourtant, il ne se nourrit que de plancton. Le plus souvent, il atteint 10 mètres et 21 tonnes, mais un spécimen mesuré par la Zoological Society of London affichait 20 mètres pour 46 tonnes. Victime de la pêche et des collisions avec les navires, il frôle désormais la disparition.

Le requin pèlerin
Autre filtreur de taille, le requin pèlerin se distingue par sa taille impressionnante : plus de 12 mètres pour 5 tonnes. On le rencontre souvent au large de l’Irlande, la gueule grande ouverte à la recherche de plancton. Capable d’atteindre 18 km/h, il n’hésite pas à bondir hors de l’eau d’un mètre pour communiquer ou se libérer de ses parasites. Malgré son gabarit, il ne présente aucun risque pour l’homme et figure parmi les plus dociles des requins géants.

Le mégalodon
Le mégalodon, c’est le monstre du passé maritime. Plus grand requin ayant jamais existé, il pouvait mesurer entre 18 et 24 mètres et peser jusqu’à 50 tonnes, soit bien plus qu’un grand requin blanc. Les fossiles retrouvés datent du Miocène et du Pliocène, entre 15,9 et 2,6 millions d’années. Cette espèce a disparu depuis des lustres et ne hante plus que les musées et l’imaginaire collectif.

Des profondeurs glacées de l’Arctique aux tropiques vibrants, chaque requin raconte une histoire de survie, de puissance ou de discrétion. La prochaine fois que vous poserez les yeux sur la mer, pensez à ce bestiaire fascinant qui évolue, loin des projecteurs, sous la surface. Le monde des requins, loin de se limiter à quelques clichés terrifiants, regorge de créatures qui défient l’imagination et invitent au respect.

