34e sur 35. Voilà la place qu’occupent les États-Unis dans le classement des pays où il fait bon élever une famille, selon l’étude menée par le site de voyage Asher & Lyric. Juste devant le Mexique, qui ferme la marche avec un taux de criminalité record. La France, elle, se hisse à la 13e position.
Aux premières loges, on retrouve l’Islande, la Norvège, la Suède et la Finlande. Des pays nordiques, habitués à truster le haut du tableau, que ce soit pour la qualité de vie ou le bien-être. D’ailleurs, la Finlande a encore été sacrée nation la plus heureuse du monde pour la troisième année d’affilée.
Lyric Fergusson, fondatrice du site et mère de deux enfants, confie avoir pris une claque en découvrant les résultats : « Cette étude m’a réveillée. Je m’étais blindée face aux réalités sociales de mon pays, au point de les occulter. » Avec son mari Asher Fergusson, elle a conçu l’Indice « Raising a Family », dédié aux 35 États membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Le choix s’est porté exclusivement sur l’OCDE, pour garantir la fiabilité des données sociales, condition sine qua non à une comparaison crédible. Ensuite, place à l’analyse : trente jeux de statistiques internationales, classés en six catégories clés pour évaluer l’environnement familial : sécurité, niveau de bonheur, coût de la vie, santé, système éducatif et temps consacré à la famille.
L’Islande rafle la mise. Non seulement elle décroche la couronne mondiale, mais elle est aussi le pays considéré comme le plus sûr. Sur le plan du niveau de vie, elle s’adjuge la quatrième place. Asher Fergusson salue un modèle global : « L’Islande se classe dans le top 10 sur tous les critères, et domine la sécurité. Sur le plan des droits humains, c’est aussi un exemple. La Constitution garantit que chaque enfant, d’où qu’il vienne, sera traité à égalité avec un petit Islandais. »
À l’autre extrémité, le Mexique cumule les handicaps : dernier en sécurité, santé, éducation, et avant-dernier en matière de bonheur. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le pays arrive systématiquement en bas de classement, ce qui lui vaut d’être pointé comme le moins adapté pour fonder une famille.
La situation des États-Unis n’est guère plus flatteuse. Au 34e rang, ils s’illustrent surtout par un déficit de sécurité. Les auteurs de l’étude posent le constat : « Les États-Unis affichent un taux de 6,12 homicides pour 100 000 habitants, alors que la majorité des pays de la liste restent sous la barre d’1 pour 100 000. »
Sur la question des droits, le pays fait grise mine : quatrième nation la plus touchée par les inégalités. Lyric Fergusson ne mâche pas ses mots : « Le racisme systémique est flagrant. Beaucoup de personnes de couleur ne se sentent pas en sécurité chez elles, aux États-Unis. »
Autre point noir, le coût de la vie. Les États-Unis écopent d’un F pour cette catégorie. Selon l’enquête, ils arrivent en queue de peloton, à bonne distance de la Nouvelle-Zélande, qui les précède immédiatement. Un foyer moyen doit consacrer près de 32 % de ses revenus à la garde d’enfants, contre seulement 10 % dans les pays scandinaves.
L’étude met aussi en lumière des disparités frappantes : le risque de décès maternel est deux fois plus élevé qu’au Canada, alors que le coût d’un accouchement est trois fois supérieur. Les Américains enchaînent les semaines à rallonge, sans accès garanti à un congé maternité, paternité ou maladie payé,des droits banalisés ailleurs.
Lyric Fergusson ne perd pourtant pas tout espoir : « Les États-Unis traversent une crise profonde, mais je garde confiance dans la possibilité d’un avenir meilleur pour mes enfants. »
Pour ceux qui souhaitent savoir où leur pays se situe, voici le classement complet des 35 pays jugés les plus adaptés, ou non, à la vie de famille :
- Islande
- Norvège
- Suède
- Finlande
- Luxembourg
- Danemark
- Allemagne
- Autriche
- Belgique
- République tchèque
- Pays-Bas
- Portugal
- France
- Australie
- Slovénie
- Irlande
- Espagne
- Nouvelle-Zélande
- Canada
- Pologne
- Hongrie
- Suisse
- Royaume-Uni
- Italie
- Japon
- Israël
- Slovaquie
- Corée du Sud
- Grèce
- Roumanie
- Bulgarie
- Turquie
- Chili
- États-Unis
- Mexique
Un palmarès qui a le mérite de casser les idées reçues, et qui rappelle que les frontières du bonheur familial ne suivent pas toujours les lignes des puissances mondiales. Le vrai luxe, parfois, tient à une poignée de droits garantis, quelques pourcentages de risque en moins, et la promesse que chaque enfant, où qu’il naisse, pourra envisager l’avenir la tête haute.


