128,82 milliards d’euros. Voilà ce que pesait le marché mondial de la cybersécurité en 2020, et personne n’a oublié le coup de semonce de cette année-là : attaques en rafale contre des hôpitaux, assauts numériques sur les sites industriels sensibles, pression inédite sur les systèmes informatiques des entreprises contraintes d’improviser le télétravail. La pandémie a fait voler en éclats bien des certitudes, mais une chose est claire : la sécurité numérique n’est plus négociable. Cette transformation radicale a propulsé la cybersécurité au rang de priorité absolue pour les États, les entreprises et, au fond, pour tous ceux qui comptent sur la continuité numérique de leurs activités.
Jamais les professionnels du secteur n’avaient vu une telle intensité d’attaques. Les organismes d’importance vitale (OIV) ont été pris pour cible, les services publics mis à l’épreuve, les entreprises sommées de fermer en urgence des brèches rendues béantes par la généralisation du travail à distance. Pour s’adapter, il a fallu accélérer la digitalisation des services, souvent dans l’urgence, et cela n’a fait qu’accroître la vulnérabilité des infrastructures déjà fragilisées. Résultat : le marché mondial de la cybersécurité a bondi, et les projections sont sans appel. On parle de 306,04 milliards d’euros en 2025, soit une croissance annuelle d’environ 14,5 % sur cinq ans. Les investissements suivent, les priorités se redessinent, de nouveaux acteurs émergent.
Business France a pris le pouls de la planète cyber, en s’appuyant sur ses équipes disséminées à l’étranger. Leur mission : repérer les destinations qui font figure de modèles ou d’opportunités dans le secteur pour 2021. Les États-Unis s’imposent toujours comme l’épicentre nord-américain. En Europe, ce sont les Pays-Bas, la Finlande et le Danemark qui tirent leur épingle du jeu. Et en Afrique du Nord, l’Algérie concentre l’attention des experts.
Pourquoi ces pays font figure de référence sur la scène de la cybersécurité ?
Les États-Unis dominent le secteur avec un marché de la sécurité estimé à 227,31 milliards d’euros en 2020. Leur avance s’explique par la combinaison d’un écosystème technologique dense, d’investissements publics et privés massifs et d’une culture du numérique qui irrigue toute l’économie.
Les Pays-Bas, de leur côté, abritent à La Haye le plus grand pôle européen dédié à la sécurité. Le pays s’est imposé comme une plateforme incontournable en matière d’innovation, d’échanges internationaux et de recherche appliquée à la cybersécurité. Les entreprises françaises qui souhaitent s’ouvrir à l’Europe du Nord y trouvent un terrain d’expérimentation et de partenariat privilégié.
En Finlande, la confiance numérique fait partie du quotidien. 85 % des opérations bancaires se font en ligne, preuve d’une maturité exceptionnelle sur le plan technologique. La cybersécurité y est prise très au sérieux, tant par les pouvoirs publics que par les acteurs privés. Les investissements affluent, les talents se forment, et le tissu économique s’organise pour anticiper les menaces.
Le Danemark ne reste pas en retrait. Le gouvernement a débloqué 740 millions d’euros dans le cadre de sa stratégie « croissance numérique » à l’horizon 2025. Cette feuille de route comprend un volet cybersécurité ambitieux, centré sur la protection des entreprises et la montée en compétence des équipes. L’État impulse, les entreprises suivent.
Quant à l’Algérie, la réalité est plus contrastée. Selon le classement 2020 du site « Comparitech », le pays figure parmi les plus exposés aux cyberattaques. Mais c’est précisément cette vulnérabilité qui en fait un marché stratégique : la demande de solutions de cybersécurité explose, portée par l’essor de l’internet mobile (104 % de taux de pénétration en 2019). Face à la multiplication des risques, les autorités et les entreprises cherchent à s’entourer de partenaires solides pour renforcer leurs défenses numériques.
Pour accompagner les sociétés françaises du secteur, plusieurs partenaires structurants, ACN, GICAT, HEXATRUST, SYSTEMATIC CLUSTER et SAFE CLUSTER, proposent des formats de mise en relation avec des acteurs locaux. Deux grandes formules sont privilégiées :
- Business Meetings : un dispositif qui permet aux entreprises d’être référencées auprès de grands donneurs d’ordre internationaux et d’entrer en contact direct avec des partenaires potentiels sur place.
- French Cybersecurity Days : des journées sectorielles pour identifier de nouveaux clients, échanger avec des décideurs et explorer les marchés verticaux les plus porteurs.
La prochaine session « Business Meeting » est annoncée pour les 14 et 15 juin, avec l’Algérie en point de mire. Ce programme de rendez-vous B2B virtuel offrira aux participants la possibilité de rencontrer des entreprises locales telles qu’EIG Monétique, SATIM ou encore EADN. Business France accompagne les participants dans la préparation et le suivi de ces échanges.
En parallèle, les « French Cyber Security Days » s’organisent en plusieurs temps : d’abord en ligne avec les Pays-Bas du 27 au 28 mai 2021, puis avec les États-Unis du 3 mai au 1er juin 2021. Ensuite, des rencontres en présentiel auront lieu du 5 au 8 octobre 2021 au Danemark et en Finlande, avec une escale d’une journée et demie à Copenhague pendant la Conférence sur la sécurité intérieure.
Ces événements sont conçus pour permettre aux entreprises françaises de détecter les opportunités concrètes sur ces marchés stratégiques. Au programme : rendez-vous B2B, participation à des conférences, interventions d’experts et de grands comptes venus partager leur expérience autour de thèmes comme l’audit et la traçabilité, la sécurisation des données, la cryptographie ou la protection industrielle. L’objectif : accélérer les collaborations, ouvrir de nouveaux marchés, renforcer la présence des technologies françaises à l’international.
Pour toute demande d’information ou de mise en relation, le contact dédié reste :
Business France Paris : Fadwa BELHADJ, [email protected]
Derrière les chiffres, il y a des réseaux qui se tissent, des alliances qui se nouent et des territoires numériques à conquérir. Dans la course à la cybersécurité, chaque pays trace sa route, mais la ligne d’arrivée, elle, recule sans cesse à mesure que les menaces évoluent. Reste à savoir qui saura garder l’élan et anticiper le prochain virage.

